Trek dans le parc national Talassemtane 18-22 octobre 2025

Le jour se lève à Chefchaouen. Les ruelles bleues de la médina s’éveillent doucement, tandis que nous ajustons nos sacs à dos sur la place principale. Devant nous s’ouvre le Parc naturel de Talassemtane — un univers de crêtes calcaires, de forêts profondes et d’eaux limpides. La fraîcheur du matin accompagne nos premiers pas hors de la ville.

Très vite, la piste s’élève vers le col de Tissouka. La végétation se densifie : pins, chênes verts et cèdres s’entremêlent, diffusant une odeur résineuse. Meme decord sur l’autre versant vers Afaska. Les villages accrochés aux pentes témoignent d’un mode de vie simple, ancestral. Les habitants nous saluent avec le sourire ; un thé à la menthe partagé nous rappelle que le trek n’est pas seulement une aventure de nature, mais aussi de rencontres.

Le jour suivant, en redescendant progressivement, la vallée se resserre. Le murmure de l’eau annonce Akchour. Le chemin longe l’oued, glissant entre parois rocheuses sculptées par le temps. Les cascades apparaissent par surprise, éclats d’argent dans la verdure. Une pause s’impose : chaussures retirées, nous laissons l’eau fraîche apaiser nos pieds fatigués. Ici, Talassemtane révèle sa part la plus spectaculaire.

Le lendemain, l’itinéraire remonte vers Taourarte. C’est une étape plus physique qui vous emmène au-dessus des gorges, offrant des points de vue vertigineux sur les « cathédrales » de roche rouge du Rif. Vous êtes ici dans la partie la plus préservée du parc de Talassemtane. Les panoramas s’étirent loin devant : ondulations de montagnes bleutées et parcelles agricoles dessinant un patchwork délicat.

Après une nuit reposante à Taourarte, nous prenons la route vers Oued El Kannar. Le sentier serpente à travers des forêts de chênes-lièges et des cultures en terrasse. On quitte la haute montagne pour se rapprocher de la zone côtière. Le terrain devient plus accidenté, alternant entre crêtes sèches et vallons humides. L’air commence à sentir le maquis et le sel. On installe au gite sur les hauteurs surplombant déjà les prémices de la vallée de l’Oued Kannar. Le soir tombe lentement ; les couleurs s’adoucissent et un ciel étoilé se déploie, immense. Autour du repas, nous échangeons nos impressions, conscients du privilège d’être là.

Le dernier tronçon nous mène vers Stehat, où les reliefs se font plus doux et l’air se charge d’une brise océanique. L’horizon s’élargit, comme si le trek s’achevait sur une promesse d’ouverture. Arrivé à Stehate, un sentiment de gratitude nous envahit : celui d’avoir traversé l’un des joyaux du Rif, entre montagnes, rivières et villages accueillants. Après un rafraichissement bien mérité dans un café, le 4×4 nous ramène à Chaouen, notre point de départ.

Ce trek n’aura pas seulement été un parcours sur la carte ; il a été une immersion dans la nature préservée de Talassemtane et dans la chaleur humaine de ceux qui l’habitent. En repartant, nous savons que ces images resteront gravées longtemps — le bleu de Chaouen, les cascades d’Akchour, les crêtes lumineuses au coucher du soleil — comme autant de souvenirs à chérir et à partager.

 

 


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